Dans le hall du Grand Longwy, une sculpture murale attire l’œil. Un dragon aux reflets métalliques semble surgir de la matière blanche. Derrière cette œuvre, un artisan discret : Franck Patat, artiste plâtrier installé à Longwy depuis 2022.
Ce natif de Charleville-Mézières transforme le plâtre brut en tableaux sculptés d’une grande finesse. Son parcours étonne : boulanger-pâtissier, tourneur fraiseur, cariste ensacheur… Puis une retraite médicale avant la pandémie. Fred Patat aurait pu rester tranquille chez lui. À la place, il a choisi de créer. Son credo ? « Je suis juste un amateur qui s’occupe. » Une humilité qui cache un vrai talent d’artisan.
Franck Patat : un artiste plâtrier autodidacte au cœur de Longwy
Quand on pousse la porte de son atelier, on comprend vite que la plâtrerie n’a plus de secrets pour lui. Ce bricoleur dans l’âme a toujours aimé dessiner. Un jour, il tombe sur des vidéos d’un sculpteur russe travaillant le plâtre à la poche à douille. Le geste le fascine. « Ça m’avait paru compliqué. Et comme j’aime la difficulté… » La passion est lancée.
Très vite, l’engagement de Franck Patat dépasse le simple passe-temps. Il se lance des défis, multiplie les essais et affine sa technique. Les finitions le captivent. « C’est une matière qui permet de faire de belles finitions », explique-t-il. Le résultat donne des œuvres lumineuses, entre sculpture et peinture.
- Dessin préparatoire
Franck trace d'abord son motif sur le tableau, souvent un dragon.
- Pose du plâtre
Avec une poche à douille, il applique la matière en relief, comme une crème.
- Modelage des reliefs
À la spatule et aux pinceaux, il sculpte les détails et affine les formes.
- Finition métallisée
Une peinture spéciale donne cet aspect brillant et métallique aux œuvres.
- Séchage et accrochage
Après un temps de séchage, le tableau est prêt à être exposé.
La pâtisserie au service de la sculpture
L’anecdote est savoureuse pour une amatrice de pâtisserie comme notre rédactrice. Franck Patat utilise des poches à douille pour poser le plâtre, exactement comme on poche une crème au beurre. Des spatules, des pinceaux, et même des outils de son ancien métier de boulanger-pâtissier. Une passerelle inattendue entre l’artisanat du sucre et celui de la plâtrerie.
La technique est précise : on dessine d’abord sur le tableau, puis on applique la matière en relief. Peu d’artisans maîtrisent ce geste en France. Cette rareté donne à ses créations une aura singulière. Chaque pièce devient une pièce unique, façonnée à la main, avec cette exigence du détail héritée de la pâtisserie.
Des outils simples pour une créativité sans limite
Dans son atelier, pas de matériel high-tech. Une table robuste, des sacs de plâtre, des couteaux de peintre et beaucoup de patience. Cette simplicité rappelle que la créativité naît souvent du savoir-faire manuel. Chaque tableau demande des heures de travail minutieux.
- 🖌️ Dessin préparatoire sur le support
- 🧰 Pose du plâtre à la poche à douille
- ✨ Modelage des reliefs à la spatule
- 🎨 Finition à la peinture métallisée
- ⏳ Séchage et accrochage, prêt à exposer
Cette liste courte illustre une mécanique bien rodée. Pourtant, chaque œuvre raconte une histoire différente. Le dragon reste le motif préféré de l’artiste, un clin d’œil au tatouage qu’il porte au bras.
Une passion dévorante qui sublime le métier d’amateur
« Je ne suis rien, je ne sais pas faire », répète Franck Patat avec une modestie presque déroutante. Pourtant, la réalité est autre. Ses œuvres ont déjà été montrées dans des lieux prestigieux de l’agglomération : le siège du Grand Longwy, l’hôtel de ville de Longwy-Haut, et le Puits de siège avec l’Office de tourisme. Une belle reconnaissance pour cet artiste plâtrier.
La sculpture qu’il préfère, Le dragon et la femme, a demandé une soixantaine d’heures de travail. Trois kilos de matière suspendus au mur, peints d’une finition métallisée. Une œuvre puissante qui capte le regard. Cette pièce résume à elle seule l’obsession du détail et l’amour du geste bien fait.
Patricia, la complice indispensable
Aucun artiste n’avance vraiment seul. Pour Franck, le soutien de sa femme Patricia compte énormément. Ancienne cogérante du café Le Rallye, elle le pousse depuis le début. « C’est elle qui me motive. C’est grâce à elle que je fais tout ça », confie-t-il. Une belle preuve que l’engagement artistique se vit aussi à deux.
L’atelier du couple, les meubles qu’il a fabriqués, les lampes en chiffons collés : tout porte la marque de cette énergie créative. À Longwy, Franck Patat s’est construit un univers où chaque objet devient un support d’expression. Sa femme, complice et première spectatrice, valide chacune de ses audaces.
Vers de nouvelles expérimentations en 2026
Un artiste ne s’arrête jamais vraiment. Franck Patat explore déjà d’autres pistes pour la suite. L’art mural l’intrigue particulièrement. Poser une couche de plâtre directement sur un pan de mur, puis sculpter la matière en place. Une nouvelle aventure qui promet de belles surprises.
Cette envie d’aller plus loin montre un état d’esprit rare : celui d’un artisan toujours en mouvement, qui refuse l’immobilisme. D’ailleurs, sa réputation dépasse désormais le cadre local. Chaque exposition attire son public. « Je suis en train d’y réfléchir », dit-il à propos de l’art mural. On parie que nos murs longs de quelques mois s’en souviendront.
Le travail de Franck Patat bouscule l’idée que l’amateur serait un créateur du dimanche. Ici, la passion a remplacé la carrière, et quel résultat ! Avec ses tableaux en plâtre, il signe un artisanat singulier, à la frontière entre l’atelier et la galerie. Un artiste à suivre de près dans la région de Longwy, qui prouve avec simplicité que la matière n’attend que des mains pour se transformer.
Enfin les réponses claires
Est-ce qu'il faut un diplôme pour faire comme lui ?
Pas du tout. Franck est autodidacte, il a appris en regardant des vidéos et en essayant. La pratique compte plus que les papiers.
La poche à douille, c'est vraiment comme en pâtisserie ?
Exactement. Il pose le plâtre comme on poche une crème au beurre, puis il affine avec des spatules et des pinceaux.
Où est-ce qu'on peut voir ses sculptures ?
Ses œuvres ont été montrées au siège du Grand Longwy, à l'hôtel de ville de Longwy-Haut et au Puits de siège. Ça vaut le coup d'ouvrir l'œil.
Ça prend combien de temps pour faire un tableau ?
Sa pièce préférée, Le dragon et la femme, lui a demandé une soixantaine d'heures. Trois kilos de plâtre suspendus au mur.
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Louise Roussel écrit sur les produits, les gestes et les recettes qui changent vraiment une cuisine familiale. Elle aime les marchés, le café filtre et les carnets tachés de farine.